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jeu 30 nov 17 à 20h00
La route Suisse, histoire d'un axe de communication.
du ven 1 déc au dim 10 déc 2017
La route Suisse à Versoix, hier et avant-hier...
RAVEL Pierre-Joseph (1832 - 1908)

PIERRE-JOSEPH RAVEL, né en 1832, était originaire de Versoix. Après des études d’ingénieur, il dirigera la construction de la ligne de chemin-de-fer Madrid-Irun, en Espagne.
On le retrouve en 1868 à Paris. C’est ici que vivait ce jeune ingénieur d’une rare culture et d’une curiosité sans cesse éveillée. Pierre Joseph Ravel appartenait à cette race de chercheurs érudits dont la hardiesse va de pair avec la modestie et qui, toujours, sollicités par de nouveaux problèmes, n’ont d’autre ambition que d’en éclaircir les difficultés, comme ils n’ont souvent d’autre récompense que la joie de les avoir résolus. On trouve de ces inventeurs désintéressés à l’origine de toutes les conquêtes de la grande industrie, laquelle a trop à faire pour se rappeler les mérites des précurseurs qui ont autorisé ses débuts. En sorte que seules les revues techniques ont reconnu et salué en Joseph Ravel un des véritables pionniers de l'industrie automobile, le premier constructeur d’un « générateur à vapeur chauffé par les huiles minérales, appliqué à la locomotion » brevet n° 82263 du 2 septembre 1868 et, par la suite, l’inventeur du moteur surcomprimé à deux temps.
Ayant adapté cette mécanique à un véhicule, Joseph Ravel peut être considéré comme un des premiers à avoir réalisé une automobile au sens moderne du terme, c'est-à-dire pouvant se mouvoir grâce à la puissance d'un moteur utilisant le pétrole. Seul Etienne Lenoir, en 1862, l'avait précédé dans cette voie en constituant un réel moteur à explosion.
La RAVEL eut un destin tragique et n'est malheureusement pas parvenue jusqu'à nous. Lors de la guerre de 1870, l'appentis où elle avait été remisée, fut enseveli lors des opérations de fortifications réalisées pour la défense de la ville de Paris.
Joseph Ravel qui sortit ruiné de cette expérience, poursuivra ses recherches après la guerre et construira vers 1880 un moteur à deux temps, utilisant l'acétylène comme source d'énergie, Joseph Ravel eut à subir une série d'accidents qui lui firent abandonner ce principe. Les voisins ne s'en plaignirent pas, ils avaient vu tous les carreaux de leurs fenêtres se briser à la suite d'une énorme explosion due à ce gaz liquide.
Associé à son fils Edouard, il fabriqua vers 1897 un nouveau moteur à deux temps.
L'ingéniosité de Joseph et de son fils ne se cantonnait pas uniquement au domaine de la mécanique automobile. Tout au long de leur carrière leur esprit fécond fit preuve d'un éclectisme qui confinait parfois au délire. Le côté pratique n'était cependant jamais oublié. Qu'on en juge !
En 1905, les deux ingénieurs déposèrent un brevet relatif à un système permettant de faire exécuter un saut périlleux à un véhicule! Ne s'arrêtant pas en si bon chemin, mettant en pratique leurs avants calculs, ils proposèrent pendant tout l'hiver, un numéro de "tourbillon de la mort" qui fera le tour des music-halls parisiens. Le spectacle fut même exporté jusqu'aux Etats-Unis, où les cirques de Barnum et Bailey le présentèrent jusqu'à ce que la voiture vienne à manquer son atterrissage en douceur, pour s'écraser au sol, en tuant son conducteur.
Un peu plus tard le père et le fils inventèrent une piste nautique circulaire à courant artificiel, ancêtre de nos modernes jacuzzis, qui permettait l'entraînement des nageurs sans avoir besoin de disposer d'une piscine de taille olympique!
Joseph Ravel, s'il n'eut pas un succès commercial très important dans le domaine automobile, a tout de même pleinement réussi son passage sur terre puisque père de deux enfants, il donna au monde un des plus grands génies de la musique, Maurice Ravel.
Ses parents:
Aimé (ou Ami) Ravel (fils de François), né à Collonges-sous-Salève en 1800, vint à Versoix où il exerça la profession de boulanger. Il acquit la nationalité suisse en 1834.
De son mariage avec une jeune fille du pays, Caroline Grosfort, il eut cinq enfants : Pierre-Joseph, Marie, Alexandrine, Louise et Edouard.
Selon acte notarié du 14 mars 1857, Caroline Grosfort (...)a vendu tous les fonds immeubles qu'elle possédait à St Loup, dont une place sur laquelle existe un four(...)


Sources:
Les automobiles de Besançon 1900-1930 de Marc Douëzy D'Ollandon et Raymond Dornier.
Remerciements à M. Dornier pour ses informations et son aide précieuse.
Archives privées

 



 

 
 
 
 
 
 
 


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