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Plouf! Une histoire de la baignade
COSTE Jean-François (1741- 1819)

Notre ville a vu le passage d'hommes célèbres et  savants, mais leur histoire est souvent méconnue. C'est le cas du médecin Jean-François  Coste qui oeuvra à Versoix, alors que la ville nouvelle n'était encore qu'un projet.

De Gex à Calais

Premier médecin des armées, membre du conseil de santé militaire, et médecin chef de l’Hôtel des Invalides, naquit à Ville-en-Michaille, le 14 juin 1741. Après avoir étudié la médecine à Paris, où il fut disciple du célèbre Petit, il se fit recevoir docteur à l’Université de Valence. En 1763, le gouvernement le chargea du traitement d’une maladie épidémique qui désolait le pays de Gex ; au bout de trois ans de service gratuit, il fut nommé médecin de l'hôpital militaire de Versoix, dans son pays, par le crédit de Voltaire auprès du duc de Choiseul. On a imprimé dans la correspondance de Voltaire le placet que cet homme célèbre adressa au duc en faveur du jeune médecin. Il a 28 ans, 4 ans de pratique et nous sommes en 1769. Versoix était alors une bourgade française du pays de Gex. Or, le projet du gouvernement de LouisXV, était d'en faire une puissante cité internationale en face et en concurrence de la puissante Genève. Qu'on ait nommé Coste médecin de la garnison et des Etats atteste immédiatement sa personnalité et sa science.

De Versoix à l'Amérique

En 1776, Coste fut nommé médecin de l’hôpital de Nancy. Indigné des malversations qui régnaient dans l’administration de cet hôpital, il donna sa démission motivée, et passa en la même qualité à l’hôpital de Calais, alors très important. En 1780, il fut nommé premier médecin de l’armée française en Amérique, sous les ordres du comte de Roque. Coste déploya les talents qui l’ont placé au premier rang des médecins militaires. Il reçut des témoignages d’estime les plus flatteurs de son général qui resta toujours son ami, ainsi que ceux de Washington et de Franklin. Coste obtint un brevet de médecin de la marine et une pension de 3.000 fr., en récompense de ces services en Amérique. En 1784, le roi le nomma médecin consultant de ses camps et armées, et l’appela à Versailles où il fut chargé de la correspondance avec les médecins militaires. En 1785, il devint inspecteur des hôpitaux, et en 1788, premier médecin du camp de Saint-Omer, commandé par le prince de Condé. Cette même année, il fut nommé membre du conseil de santé des armées. Depuis, ce médecin a constamment fait partie de tous les conseils et inspections de santé militaires établis près du ministre de la guerre. Il n’en faut excepter que la réunion connue sous le nom de commission de santé, établie en 1785. Le ministre Bouchotte n’y nomma point Coste ; mais bientôt la Convention elle-même le rappela à des fonctions où il s’était constamment rendu utile.
 

Versailles et les Invalides

En 1790, il fut nommé maire de Versailles, et n’accepta ces fonctions, étrangères à ses goûts, que par respect pour le désir manifesté par Louis XVI. On connait les difficultés qu’il eut à vaincre et les dangers qu’il courut dans cette ville où il resta pendant deux ans. Dans le même temps, le comité de salubrité de l’Assemblée constituante l’avait appelé à ses séances pour éclairer ses travaux. Coste, pendant les longues guerres de Napoléon, remplit d’importantes missions relatives à la santé des troupes dans l’intérieur, en Allemagne et en Italie. Pendant cinquante ans consacrés au service de santé militaire, son zèle ne s’est jamais démenti.En 1792, la guerre a repris et le politique le cède au soldat médecin. Dès lors, Coste devient l'un des grands, voire, hiérarchiquement et par droit d'ancienneté, le premier de la médecine militaire des guerres de la Révolution et de l'Empire. En 1796, il est nommé médecin-chef des Invalides, mais aussi de la Grande Armée. Il est à Austerlitz, léna, Eylau. Pendant 23 ans, jusqu'à sa mort, il sera le patron des Invalides. Un peu trop obstinément dira-t-on. Outre ces nombreux écrits, Coste a composé, par ordre du ministre de la guerre, un grand nombre de Mémoires et d’Instructions sur les différentes branches du service de santé militaire. Il a aussi rédigé quelques articles du Dictionnaire des sciences médicales.

Coste était membre de la Société de médecine de Londres, de l’Académie Joséphine de Vienne, de la plupart des Académies et Sociétés scientifiques d’Europe et d’Amérique. Il fut nommé chevalier de la Légion-d’Honneur lors de l’institution de l’ordre, puis officier. En 1814, le roi l’éleva au rang de commandant et lui donna le cordon de Saint-Michel. Coste fut désigné, par ordonnance du 9 novembre, membre de la commission chargé de rendre compte au roi de l’état d’enseignement dans les écoles de médecine et de chirurgie.
Ce savant  mourut à Paris, le 31 octobre 1819.
 

 Voici la liste exacte des écrits de J.F. Coste :


1. Deux Mémoires sur l’épidémie du Pays de Gex ; 1763
2. Eloge de Monsieur Pierrot, membre de l’Académie de chirurgie ; Nancy, 1773
3. Essai sur les moyens d’améliorer la salubrité du séjour à Nancy, 1774
4. Du genre de philosophie propre à l’étude et à la pratique de la médecine, Nancy, 1774
5. Des avantages de la philosophie relativement aux belles-lettres, Nancy, 1774
6. Œuvres du docteur Mead, traduit de l’anglais et du latin ; Bouillon, 1774
7. Eloge de M. Capers ; Nancy, 1775
8. Physiologie des corps organisés, traduite du latin du botaniste Necker ; Bouillon, 1775
9. Essai botanique, chimique et pharmaceutique sur la substitution des substances indigènes ou exotiques ; Nancy 1775
10. Quatre Lettres à M. Paulet, pour servir de réponse au factum de celui-ci ; Cantorbéry, 1776
11. Compendium pharmaceuticum militaribus Gattorum nosocomiis orbe novo boreali adscriptum ; Newport 1780
12. Mémoire sur l’asphyxie ; Philadelphie 1780
13. De Antiquâ medicâ philosophia orbi novo adaptandâ ; Leyde, 1780
14. Du service des hôpitaux militaires rappelé aux vrais principes ; Paris, 1780
15. Vue générale sur les cours d’instruction dans les hôpitaux militaires ; Paris, 1786
16. Notice sur les officiers de santé mort à l’armée ; Augsbourg, 1806
17. De la santé des troupes ; 1806

 

Sources :
Bibliothèque nationale de France. Texte tiré de Biographie des hommes célèbres du département de l’Ain, qui se sont distingués par leurs sciences, leurs talents, leurs actions, leurs vertus ou leurs vices. Tome 2/par M. Jean-Irénée Depéry et
Quelques questions à propos des biographies de Jean-François COSTE, par M. BIHAN
 

Jean-François Coste
Napoléon 1er visitant l'infirmerie des Invalides, 11 février1808


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