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LE MARECHAL JOFFRE A VERSOIX

Un illustre militaire français, le maréchal Joseph Joffre, chef des armées françaises durant la Première guerre mondiale 1914-1918, vainqueur de la bataille de la Marne, est reçu officiellement à Genève les 10 et 11 février 1920. Parti de Glion qu’il connaissait bien pour y être venu à de nombreuses reprises. Le maréchal était accompagné d’une dizaine de voitures occupées par les onze membres du comité des mobilisés français à Genève. Sur tout le parcours, les populations locales poussèrent des acclamations, A Morges le canon tonna, à Rolle comme à Nyon l’on retint un instant les voyageurs et l’on « tira des boîtes » (pêtards).

A Versoix, où l’on avait dressé un arc de triomphe de verdure, les cloches sonnèrent et le maire Bordier reçu officiellement le maréchal sur la terre genevoise. Deux jeune filles, ceintes d’écharpes aux couleurs françaises, offrirent des fleurs à la maréchale Joffre.

Le maréchal Joffre. Tribune de Genève 13 décembre 1920

Très satisfait et nullement fatigué par le voyage, le maréchal répondit que c’était pour lui un réel plaisir de venir à Genève où il savait compter de chaudes amitiés.

En fin de matinée, le maréchal et sa suite arrivent à l’Hôtel de Russie ou ils sont reçus par les autorités et une foule compacte qui crie des « Vive Joffre ». Le maréchal séjournera deux jours à Genève, avant de reprendre la route de Glion.

Le 12 février, sur la route du retour, la population de Versoix a tenu à saluer une fois encore le maréchal au moment où il a quitté le territoire genevois.

Dès 10 h.30, la population était massée sur la place du  platane (place Simon) agréablement pavoisée. Au premier rang avaient pris place les mobilisés français de Versoix et des communes avoisinantes la plupart portant leurs décorations de guerre. L'arrivée des automobiles fut saluée d'un formidable hurrah.

Le maréchal Joffre se penche à la portière de la voiture qui a stoppé et le mutilé Chappuis le salue en ces termes : « Je salue en vous le grand vainqueur de cette guerre et je veux à mon tour au nom de mes camarades vous dire combien le soldat de France a apprécié non seulement votre génie mais votre cœur votre souci constant de la santé et de la vie des combattants. Les mères les épouses et les enfants conserveront de vous Monsieur le maréchal une reconnaissance éternelle. Nous vous souhaitons un heureux retour et nous crions à l'unisson : Vive notre grand libérateur ! Vive la France ! Vive la Suisse !»

A ce moment, le caporal français Auguste Cohanier, cafetier à Versoix, présente au maréchal le mutilé Dulz lequel remet une gerbe de fleurs à la maréchale Joffre.  La petite Degallier offre à son tour un cornet de délicieux bonbons de Versoix à Madame Joffre.

A 10h40, le maréchal, très sensible à cette dernière manifestation, franchissait la frontière genevoise.

On ne connaît pas le nombre de français de Versoix et environs qui ont été mobilisée mais les vingt démobilisés qui sont sur la photo font partie de l' Amicale des démobilisés  français de Versoix. 

Amicale des démobilisés français de Versoix. Archives APV / PHO038

Parmi eux, Félix Romand qui s’installa à Sauverny après la guerre comme taillandier, fut décoré de la Croix de combattant. Comme l’indique le diplôme qu’il reçut, il a fait Verdun, la Champagne, la Somme et tout le front français.

Diplôme et médailles de Félix Romand. Archives APV / OBJ039

Louis Girard fut blessé au bras et gazé dans les tranchées, il en sera affecté toute sa vie. Il avait le grade de caporal et fut cité et décoré de l’Ordre de l’armée française. Après la guerre, il sera engagé comme jardinier adjoint au château de St Loup, puis il succéda à son chef M. Boccani. Il y travailla jusqu’à la vente du château en 1952.

 

Carte postale envoyée à Eugène Moccand, de Rolle, alors qu’il était mobilisé. Revenu vivant de cette guerre terrible de 1914-1918. L’orthographe est conforme à l’original.

  

133e Régiment d’infanterie – Correspondance militaire

Le 23 janvier 1916

Bien Cher ami

Je fait réponse à ta carte du 18 qui m’a fait un grand plaisir de savoir de tes nouvelles et surtout que tout va bien chez moi. Tu me dis que vous êtes en repos tant qu’à moi je peut te dire que je suis dans les tranchées depuis le 2 novembre et toujours en 1e ligne. Toujours on nous dis que l’on sera relevé et toujours rien de fait le secteur n’est pas très bon enfin moi je suis pas mal je fais l’observateur d’artillerie et je ne prend pas de garde la nuit. Par exemple j’y suis tous les jours. Fais tu des bagues moi j’en fait tous les jours 2 ou 3 et tu sait que je me fais mes 2 à 3 frs.

Donne moi l’adresse de ta sœur que je lui envoie une petite qu’elle est un souvenir de moi quand même elle en avait déjà un de souvenir quand on n’avait manqué le train à Genève elle était assez en colère après moi mais aprésent sa lui a passé. Je termine ma petite carte pour aujourd’hui et je t’envoie tout mes meilleurs amitiées et tache de rentrer tous les deux en bonne santé. Alors gars la biture. Adieu cher ami Eugène te fais pas souci dans 2 ans la guerre est finie.

Georges Savary, février 2021


Tribune de Genève 11 et 13 février 1920

Histoire de la famille Girard, Michèle Biollay 2019

 



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