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Voltaire, Choiseul et Versoix
MERMILLOD Gaspard (1824-1891

Gaspard Mermillod est né à Carouge, le 22 septembre 1824. Ses parents étaient de condition modeste, son père boulanger-aubergiste, sa mère Pernette Mégard, d’humble famille, elle aussi. Ordonné prêtre (1847), Évêque auxiliaire de Lausanne et de Genève (1864), Evêque de Lausanne et Genève (1883), élevé au rang de cardinal (1890), il est mort en 1891.
Personnalité emblématique de la lutte contre le schisme (Kulturkampf)
La vie religieuse de Versoix fut troublée pendant cette période.
Mgr Mermillod avait des appuis à Saint Loup auprès de la famille Conty et à Ecogia chez les Girod-de-l’Ain.
Voici ce que nous dit l’auteur de « Histoire de la persécution religieuse à Genève » 1878 :

« L’élection, où plutôt, pour employer le mot généralement usité à Genève, « la farce électorale » de Versoix eut lieu le 30 avril 1876. Sur cent quarante-sept électeurs inscrits, vingt et un vinrent déposer un bulletin pour l’apostat Gustave Gaspard, prêtre girovague, originaire du diocèse de Poitiers. Jamais peut-être élection schismatique n’avait été plus laborieusement préparée. Quatre communes y participaient : Genthod, Céligny, Sauvernier et Versoix. Et sur toute cette population, à force de promesses et de séductions, on avait recruté vingt et un votants, parmi lesquels des hommes ayant femmes et enfants protestants. Autrefois un ministre protestant était allé faire un prêche de propagande au centre de Versoix ; les habitants lui signifièrent de ne pas revenir à la charge, et il comprit. Le nouveau ministre protestant, déguisé sous un faux nom, est cette fois repoussé tout aussi solennellement que le premier. Mais voici la gendarmerie pour l’installer. Le 5 mai l’église et la cure furent crochetées. Le maire, écoutant trop la voix des prudents qui tenaient à le conserver, évita de se faire destituer, par une certaine connivence avec les crocheteurs ; c’est le seul qui n’ait pas conquis son décret de révocation sur la porte de l’église. Mais le curé, M. Guillemin, paya pour lui ; il fut accusé d’avoir soustrait quelques objets de l’église ; ses appartements furent fouillés ; on y trouva un cierge pascal et une loque de tapis noir, le tout ne valant pas plus de dix à douze francs. M. le curé fut condamné à trois mois de prison. Il fut, pendant ces trois mois, confondu avec les criminels, travaillant avec eux, portant l’uniforme de la prison et subissant le régime commun, ne pouvant recevoir des visites qu’une fois par mois. Il ne reçut qu’une fois la visite d’un prêtre qui lui porta la sainte communion, et ne put pas entendre la messe une seule fois, le culte schismatique ayant seul accès dans la prison. Les offices de Versoix se font dans la maison de Mme la baronne Girod. »


Bibliographie:

Les contemporains Mgr Mermillod 1824-1891, Servant de la Croix, Paris
Histoire de la persécution religieuse à Genève, Jacques Lecoffre, Paris 1878

Photos: collection privée
 

 
 


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