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du jeu 8 jun au dim 18 jun 2017
REGARDS SUR VERSOIX
du jeu 22 jun au mar 22 aoû 2017
Voltaire, Choiseul et Versoix
RACLE Léonard (1736-1791 )

Après s’être consacré sans réserve, durant trois années, à la construction de Versoix, Léonard Racle se trouva non seulement désoeuvré, mais aussi complètement ruiné, lorsqu’au printemps 1771, Versailles décida inopinément de suspendre les travaux entrepris à l’initiative de Choiseul pour établir sur les bords du Léman, une ville rivale à Genève. Désormais à la tête d’un énorme chantier devenu inutile et, en même temps, menacé de saisie par ses créanciers, Racle ne put se résigner à l’inaction et décida d’utiliser ce qui pouvait l’être encore.
Ainsi en consultant aujourd’hui le livre de comptes de Voltaire, peut-on constater que dès septembre 1771, il avait remis en marche les fours qui avaient été montés à Versoix et qu’il livrait à Ferney de grandes quantité de tuiles, briques, plots et carrons qui allaient servir à la construction de diverses maisons, dont celle du marquis de Florian, Le Bijou.
Cependant, notre homme ne put bien longtemps se contenter de cette fabrication industrielle, somme toute monotone. Stimulé par une curiosité peu commune, il se livra à de longues et minutieuses expériences en vue de tirer au mieux parti de cet argile que l’on trouvait en abondance dans la région. Au terme de trois années de patients travaux, Racle mit au point une céramique d’une texture particulière, qu’il baptisa lui-même argile-marbre.
Il s’agissait d’une pâte faite d’un mélange judicieux de diverses argiles qu’il parvenait, sous l’action du feu par un procédé très original de semi-vitrification, à couvrir d’un bel émail, sans pour autant déformer la pièce de faïence, même si celle-ci était de grandes dimensions. Il en résultait un marbre factice lisse et bien veiné de différentes couleurs, qui fit beaucoup pour la réputation de son inventeur (…)
Cependant, pour réaliser ces ambitions, Racle se rendit compte qu’il ne pouvait plus se contenter des fours à briques de Versoix et qu’il convenait de se doter d’une véritable faïencerie. Celle-ci, à la fin de sa construction en juillet 1775, comportait deux parties distinctes.
La manufacture proprement dite restait à Versoix à l’emplacement des six fours qui existaient lors des travaux de la nouvelle ville. On trouvait là, outre une tuilerie, les moulins pour le pilage et le broyage des matériaux, ainsi qu’un four en briques de grandes dimensions qu’il venait de faire construire de toutes pièces. Quant au bois nécessaire pour les cuissons, il arrivait par bateaux, soit de Savoie, soit du Valais.

 


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