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Plouf! Une histoire de la baignade
MARCOURT Antoine (v. 1500-1561)

On ne sait rien d’Antoine Marcourt avant son arrivée en Suisse. Tentons de retracer sa carrière malgré les lacunes de la documentation et des sources à son égard. D’origine picarde plutôt que lyonnaise, il a dû naître entre 1480 et 1500, il séjournait à Lyon chez l'imprimeur Sébastien Gryphe vers 1530. De 1531 à 1538, il est pasteur à Neuchâtel où il succède à Guillaume Farel; il y contribue pour une grande part à l'établissement de l'Église réformée, et il bataille pour introduire la Réforme et supprimer la Messe dans diverses localités du Comté. En 1538, il est appelé à Genève avec d'autres prédicants (Morand notamment) pour remplacer Calvin et Farel bannis de la ville; il doit faire face à une situation difficile et à une opposition constante et essuyer bien des avanies pendant les deux ans qu'il reste dans cette ville.
A partir de septembre 1540, la vie de Marcourt devient instable et difficile à suivre; pasteur successivement à Essertines, à Curtilles, il est appelé à Versoix le 8 mars 1543.
Marcourt débute donc à Versoix sous le signe de la réconciliation. Il y connaîtra bientôt de nouveaux orages. Du moins sa situation matérielle s’est-elle stabilisée, améliorée. Pas grand changement dans sa prébende : 160 florins annuels, 18 coupes de blé et 6 d’avoine auxquels s’ajoutent parfois un don gracieux de Messieurs et le produit d’une vigne et de prés dépendant d’une cure en perpétuelles réparations. On trouve Antoine Marcourt en mesure, en1544, de prêter 200 écus d’or à deux citoyens de Genève et d’acheter, deux ans plus tard, quelques terres à Versoix. Enfin, avec « ung sien compagnyon », il acquiert « du fiedz de St Victeur aut lieu de Collovrex, jusquez à la somme de mille florin ou envyron », des biens d’église dont on ne connaît pas le détail. Les années qui suivent sont animées par de vives controverses qui opposent Calvin et Viret à Marcourt. Ce dernier, quittera Versoix pour St Julien ou il exercera son plus long ministère, il y mourra en automne 1561.

Les écrits de Marcourt

On ne connaît avec certitude que quatre petits ouvrages de cet auteur, datant d'une période bien restreinte (1533-1534) correspondant à la conjonction de son séjour à Neuchâtel et de la présence de l'imprimeur Pierre de Vingle dans cette ville, mais ces traités tiennent une place importante dans les premières années de la Réforme française. Publié la première fois en 1533, le « Livre des marchans » dénonçait d'une façon cinglante la vénalité du clergé; il connut un large succès que manifestent une douzaine de rééditions au cours du XVI e siècle, deux traductions en anglais (1534 et 1547) et une en néerlandais (1567), ainsi que des emprunts que l'on peut discerner dans la littérature polémique protestante. Autre œuvre encore plus mince, mais qui eut un retentissement considérable, les « Articles véritables sur les horribles, grandz et importables abuz de la Messe papalle », les fameux placards de 1534; qu’on est arrivé à attribuer la paternité à Marcourt et à en connaître tardivement le texte original. Imprimés à Neuchâtel sous l'instigation d’Antoine Marcourt, les "placards" sont des affiches protestantes. Elles s'opposent à la messe et accusent le pape de l'avoir instauré dans le but d'asseoir son pouvoir. Elles sont "placardées" dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534 dans toute la France, jusque dans les appartements du roi François Ier à Amboise. Cet épisode aura des conséquences dramatiques pour les protestants de France. François Ier, croyant au complot, décidera de faire la chasse aux "hérétiques". L'affaire des "placards" mettra un terme à la tolérance religieuse qui régnait en France depuis quelques années.
 

Sources : Article d’Albert LABARRE, historien du livre
Antoine Marcourt, réformateur et pamphlétaire: du « Livre des marchans » aux Placards de 1534. -- Gabrielle Berthoud Genève : Droz, I973
MSN Encarta
 

 


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