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GOSSE Louis-André (1791-1873)

Louis André Gosse est né le 18 juin 1791 à Genève. Depuis l’âge de 7 ans, son père l’emmène en voyage. Il rencontre de grands savants et se passionne pour les sciences. Il fréquente d’abord le collège puis part à Neuwied dans le Royaume de Prusse chez les frères Moraves et après trois ans d’études, en 1803, il revient à Genève. En 1807, il entre à l’Académie. Après deux ans et demi d’apprentissage de pharmacie, il se décide à embrasser la carrière de médecin. De septembre 1817 à mai 1820, Gosse parcours l’Europe dans tous les sens, lors d’un voyage médical.
Connu pour l'activité qu'il exerça en Grèce de 1826 à 1829 comme mandataire du comité philhéllénique genevois. En 1830, le député Louis André Gosse tente à plusieurs reprises de faire abolir les dispositions de la loi de 1816 interdisant aux juifs la citoyenneté genevoise, mais malgré son insistance la constitution n’est pas modifiée. Dégoûté par la position intransigeante de ses pairs, Gosse démissionne et se retire définitivement de la vie politique. En 1837 il publie une étude "Examen médical et philosophique du système pénitentiaire" douze ans après l'ouverture du premier pénitencier à Genève.
Gosse appartient aux médecins de la première moitié du XIXe siècle, il était tout imprégné des traditions de la grande école du XVIIIe siècle, soustrait par ses voyages et ses relations avec les médecins et les professeurs de l’Europe entière, à la domination trop exclusive de l’esprit français, il vit son horizon s’élargir et put sur quelques point devancer ses collègues. Il eut d’autre part, le mérite incontestable de mettre en pratique, un des premiers, les grands principes de l’hygiène appliquée au traitement des maladies.
En 1841, alors qu’il cesse définitivement la pratique médicale, on le retrouve à Versoix, plus exactement à La Bâtie ou il procède à des expériences liées à la désinfection des marchandises qui pourraient être porteuses de maladies contagieuses comme la peste.
Dans son Mémoire sur la réforme des quarantaines, adressé à sa Majesté Charles-Albert, roi de Sardaigne on peut lire :
« Je dus à l'obligeance de Mr. Lequin, propriétaire d'une papeterie magnifique, à La Bâtie près Versoix, la possibilité de faire établir une caisse en bois autour de la cheminée en fer de sa machine à vapeur, pour servir d'étuve sèche. Puis je confiai mes échantillons étiquetés et le soin de l'expérience à Mr. Montgolfier, directeur de l'établissement et praticien aussi distingué qu'exact. En voici le résultat. Les échantillons, après avoir été pesés séparément, furent placés dans l'étuve. Une première expérience ayant échoué par la rupture du thermomètre, on la reprit le 19 mai 1841.
Les substances furent ainsi exposées pendant environ 8 heures à une température de 70° de Réaumur. On les pesa de nouveau à leur sortie, puis elles furent soumises au jugement de MM. les négociants qui les avaient livrées, savoir: à Mr. Latard et Cie pour les étoffes de laine, soie, coton et fil; à Mr. Massip fils, pour les cuirs bruts de veau et de chèvre ; à Mr. Gouy passementier, pour les galons or et argent, fins, mi-fins et faux; à Mr. Filliol, pour les laines lavées, le coton brut, le crin brut, les plumes d'oie, le lin, le chanvre, les éponges ; à Mr. Hugin, pelletier, pour les pelleteries chinchilla, hermine, martre, cygne, etc. ; à Mr. Forestier, marchand drapier, pour les draps en laine de divers teints; à Mr. Reichlen fils, marchand de peaux, pour maroquins de diverses couleurs ; à MM. Bouffier frères, pour cocons de soie.
Tous ces messieurs m'ont remis des certificats et les talons cachetés, et à l'exception de deux étoffes de coton, qui ont très légèrement pâli, de deux pelleteries blanches qui ont été insensiblement ternies, d'un galon faux et d'une broderie qui se sent légèrement irisés vers le bord, toutes les autres substances ont été trouvées intactes.
Encore peut-on attribuer ces altérations presque insignifiantes au tuyau du fourneau, dans lequel on brûlait de la houille et de la tourbe, et dont les fissures laissaient échapper un peu de fumée. »
Qui put imaginer que la Papeterie de La Bâtie ait joué un rôle dans les progrès de la lutte contre les maladies contagieuses ?

Les relations entre la Suisse et la Grèce relèvent d’une longue tradition. Le soutien des pays étrangers, en particulier celui de la Suisse, a joué un rôle important en 1830 lors de la fondation de la Grèce moderne. Genève a été le foyer du mouvement dit du «philhellénisme» (sympathie envers le monde hellénique). Deux Genevois ont en outre occupé des fonctions importantes dans la jeune monarchie grecque: Jean-Gabriel Eynard a participé à la création de la Banque nationale grecque (1842), tandis que Louis-André Gosse s’est engagé dans la lutte contre l’épidémie de peste de 1827 et a été commissaire général de la flotte. La représentation diplomatique de la Suisse en Grèce a été assurée par un consulat de 1865 à 1925, puis par une ambassade. La Grèce a ouvert une légation à Berne en 1917.

Bibliothèque universelle de Genève, Augustin de la Rive, 1842
Médecins voyageurs, Daniela Vaj. Ed.Georg 2002
 

Portrait de Louis-André Gosse (1791-1872) par Jacques-Laurent Agasse (1767-1849)
Musée d’Art et d’Histoire de Genève, photo Maurice Aeschimann.
Papeterie de la Bâtie vers 1890, archives APV 

 
 


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