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jeu. 7 octobre 2021

 

La Pierre à Pény dans son écrin automnal. 

 

INCENDIE DE LA MAISON CARTIER, TEA-ROOM "LES REGATES"

Le bâtiment abritant le tea-room « Les Régates », que les versoisiens appellent communément chez Cartier, a été la proie des flammes. Acheté en 1947 par Jean Cartier, il est le prolongement d’une histoire familiale depuis plusieurs générations. L’histoire des Cartier

photo L.P.

 

 

ENTRÉE D'UN TERRIER DE 1885 AUX ARCHIVES D’ÉTAT

AEG Archives privées 611
 

Les Archives d’État ont acquis en 2018 un plan cadastral, également appelé terrier, décrivant le domaine de Joseph Léopold Leconte, vicomte de Nonant-Raray (1824 (?) - 1893) qui est situé pour l'essentiel sur le territoire des communes de Collex-Bossy et de Versoix.

Les terres représentées dans ce document de 1885 faisaient partie au Moyen Âge du domaine de la Bâtie-Beauregard.

Ce dernier comprenait notamment un « château, logements, bâtiments ruraux et dépendances, cours, places, jardins, vergers, battoir, moulins, four, cours d’eau, maison, pâtures, avenues, chemins, fontaines, chenevières, vignes, hutins, prés, champs, broussailles, bois et terres labourables ».*

Depuis le XIIIe siècle, le domaine est successivement propriété des seigneurs de Gex, de la famille Compey, Menthon, Champion, Crose, Gillier et Vasserot. Par le jeu des alliances et successions, il revient en 1851 aux frères Charles Henri et Joseph Léopold Leconte – famille d’origine normande. À partir de décembre 1869, Joseph Léopold devient seul propriétaire de ce domaine. Il décède en 1893 au château de Poncé (Sarthe) et avec lui s’éteint la branche familiale.

Il est intéressant de constater que les Archives d’État conservaient une ébauche du terrier – la page de titre seule – qui a rejoint leurs collections sous la cote AEG P.P. 368. Ce plan cadastral complète idéalement les séries de plans issus du cadastre et les archives du domaine de la Bâtie-Beauregard (AEG Archives privées 389). Les planches aquarellées présentent de nombreux détails topographiques. La reproduction de ce document est consultable sur la base de données Adhémar.

Ce terrier est conservé sous la cote AEG Archives privées 611.

*La citation provient d'un certificat d'inscription coté AEG Archives privées 389.5.23.

AEG Archives privées 611

AEG Archives privées 611 

Site internet archives d'Etat


Fouilles sur l'ancienne route romaine reliant Nyon (la Colonia Iulia Equestris de Noviodunum) à Genava (Genève).

 À la fin du mois de mars et jusqu’au au début du mois de juillet 2021, le service cantonal d’archéologie a pu entreprendre une recherche sur le site du futur projet de construction de la CODHA (Coopérative d’habitation) au 105-107 route de Suisse. Sur la base de travaux antérieurs à proximité du chemin Ami-Argand, les responsables souhaitaient trouver des traces de l’ancienne route romaine reliant Nyon (la Colonia Iulia Equestris de Noviodunum) à Genava (Genève).

Les archéologues genevois avaient déjà étudié en partie cette route à Chambésy et Genthod, en particulier, et trouvé quelques éléments qui permettaient de penser qu’elle se poursuivait tout droit après avoir franchi la Versoix et remonté vers l’actuelle église. Un article détaillé de l’archéologue Louis Blondel, en 1937, avait décrit une partie de cette route. Des découvertes plus récentes de bornes dites « milliaires » avaient permis de dater les constructions de routes, les bornes portant le nom de l’empereur régnant au moment de l’édification des routes.

Les archéologues actuels ne sont pas déçus de ce qu’ils ont pu trouver à Versoix maintenant : non seulement une route, mais deux, superposées, l’une très large (près de 8 mètres), probablement datant de la fin du 1er siècle de notre ère, construite sous l’empereur Trajan, constituée de fins cailloux tassés, et l’autre quelques dizaines de centimètres plus haut, plus étroite, posée sur un lit de gros galets, large d’environ 4 mètres, plus tardive.

Cette deuxième route, une fois dégagée sur quelques mètres, a mis en évidence des traces d‘ornières marquées par les chariots qui l’empruntaient. Juste à côté, un fossé avait été creusé pour permettre, peut-être l’entretien de cette seconde route.

La deuxième route montre des traces des passages de chars.

Des couches supérieures ont encore pu être mises en évidence sur une partie de la fouille, permettant de penser à une voie plus récente, peut-être médiévale.

Une couche supérieure grisâtre, témoin d’une voie tardive.

Le travail des spécialistes consiste à creuser leur fouille en marquant chaque couche de terrain (les unités stratigraphiques) et en récoltant, la chance aidant, des objets laissés sur place, témoignages de leur époque. Ainsi, des petits tessons de vases, du temps des romains, par exemple, ont pu être trouvés.

Les couches successives (Unités stratigraphiques, US) visibles à côté du fossé qui longe la route la plus étroite.

La persévérance des fouilleurs a aussi été récompensée par la découverte, sur une partie de la fouille, d’un trou, une fosse qui a probablement servi de dépotoir quelques siècles plus tard. On y a trouvé des fragments d’objets qui peuvent être identifiés (par exemple un morceau de porcelaine de Nyon) et une pièce de monnaie de 1825.

Au premier plan, une partie de la route la plus ancienne (vers 95-100 après JC) et, plus haut, la fosse contenant de nombreux fragments d’objets « modernes ».

C’est donc un chantier plein d’intérêts pour les historiens qui a été réalisé. L’ensemble sera très soigneusement cartographié, photographié, mesuré et reproduit par dessin. Quant à la fouille, une fois toutes les données enregistrées, elle sera comblée pour permettre aux promoteurs de réaliser leur projet immobilier. Il faut se réjouir de cette recherche, qui conforte le rôle de Versoix comme site romain, comme ont déjà pu le manifester les indices de grand domaine vers le plateau de la gare (devenu invisible suite à la construction du chemin de fer) ou les traces d’aqueducs qui amenaient l’eau depuis la source d’Ecogia. Merci aux archéologues pour leurs explications et leur disponibilité. C’est grâce aux informations de Madame Michelle Joguin Regelin, en particulier, que nous avons pu mieux comprendre la richesse de cette recherche.

Mme Joguin Regelin, heureuse d’explique le travail du service d’archéologie, qui contribue à une meilleure connaissance de notre patrimoine.

 

Yves Richard, Association du Patrimoine Versoisien

 

 

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